Me voilà de retour du FOSDEM, qui se tenait à Bruxelles, le week-end dernier. Au risque d’enfoncer une porte ouverte, je présente tout de même le FOSDEM, qui une des plus conséquentes réunions de développeurs Open Source en Europe. Environ 250 conférences ont lieu durant cet évènement et tous les principaux acteurs du libre y ont un stand : la plupart des distributions GNU/Linux, mais également les systèmes *BSD ainsi que la Mozilla Foundation, KDE, OpenOffice.org, et bien d’autres.
Nemiver, ou l’espoir d’un bon débogueur sous GNU/Linux
Une des premières conférences à laquelle j’ai assisté fut celle sur Nemiver un débogueur C/C++ basé sur Gnome. Le développement d’un tel logiciel fut principalement débuté à cause du manque de convivialité de ddd et de la complexité à déboguer un logiciel C++ en ligne de commande avec gdb. Voici son interface :

N’existant pas de “libgdb“, Nemiver fonctionne en communiquant via une instance de gdb. Pour l’instant, la partie qui m’aurait intéressée le plus du débogueur n’est pas encore développée, à savoir le désassemblage d’un binaire ELF et donc un déboguage à partir du code assembleur seul et non pas une source. Toutefois, Dodji Seketeli, l’un des deux développeurs du projet, fit entendre lors de la conférence que ce point était prévu pour la suite de Nemiver.
L’API de fuzzing Fusil
Une autre conférence qui m’a laissé un très bon souvenir fut celle de Victor Stinner alias Haypo, sur son API de fuzzing Fusil. Dans cette dernière, Haypo y expliquait tout d’abord ce qu’est le fuzzing : une technique de détection des failles dans un binaire, plus simple et plus rapide que l’analyse statique ou dynamique de celui-ci, basée sur un test de toutes les entrées/sorties sur lesquelles il se fie.
Afin de provoquer des comportements anormaux aux logiciels, une technique commune consiste à envoyer au binaire des données incorrectes (en général, générées pseudo-aléatoirement) mais ayant un format valide. Ainsi, afin de tester un logiciel tel que GIMP, on peut développer un fuzzer en python utilisant Fusil générant des images respectant par exemple le format JPEG, mais dont les champs sont remplis totalement aléatoirement.
Le système de fichiers ext4
Ce fut Theodore Ts’o, développeur de nombreux outils pour ext2 et ext3, et principal mainteneur d’ext4 qui effectua la conférence. Il présenta tout d’abord ext4 : ce n’est pas un système de fichiers à part entière, mais une extension de ses prédécesseurs (comme son nom l’indique) et on peut donc utiliser ext2 avec certaines fonctionnalités d’ext4. Puis, il en vint aux avantages par rapport à ext3 :
- Le support des volumes ayant une taille de 1024 Po (pétatoctet : 1Po = 1 000To)
- La possibilité de stocker des fichiers de 16TB, voire encore plus volumineux dans de prochaines versions d’ext4
- Le support d’extent, c’est-à-dire une zone réservée à un seul fichier, en général plutôt volumineux, comme par exemple un DVD. Les extents permettent de réduire fortement la fragmentation d’un fichier, et ainsi d’augmenter fortement les performances en lecture et écriture.
FOSDEM ’10
Etant donné la bonne ambiance de l’évènement, son entière gratuité et la qualité des conférences offertes, j’y serai également l’an prochain, avec peut-être à nouveau quelques habitués de #futurezone@irc.worldnet.net ! Un site utile si vous ne pouvez pas assister aux évènements comme le FOSDEM : http://streaming.linux-magazin.de/
Deimos
Entries (RSS)